La violence appartient au passé, selon le professeur

Dans un nouveau livre d’envergure, Steven Pinker, professeur à Harvard, déclare qu’en matière de violence, nous n’avons jamais eu autant la belle vie. Est-ce que tuer est dans la nature humaine?

Pour la plupart des gens, se remémorer des moments historiques clés des cent dernières années revient à penser à la guerre, aux destructions et au génocide. Avec les tranchées, l’Holocauste, les purges staliniennes, Pol Pot, le Rwanda, le 11 septembre, l’histoire du 20ème siècle a été écrite dans le sang.

Revenons aux tous premiers chapitres de l’histoire de l’humanité, et le tableau en devient idyllique. Nous imaginons nos ancêtres néolithiques vivant dans un monde éloigné des massacres à grande échelle de l’âge moderne. Vivant en harmonie avec la nature, les premiers hommes étaient certes primitifs mais étrangers aux meurtres et à la guerre.

C’est, en général, l’image traditionnelle que l’on a dans une grande partie du monde. Mais si l’on en croit le nouveau livre du psychologue Steven Picker, c’est également faux. Le professeur de Harvard apporte des preuves archéologiques pour montrer que pas moins de 60% des hommes néolithiques ont été violemment tués par leurs congénères.

Dans l’Europe et l’Amérique du 20ème siècle, le nombre équivalent – en comptant les victimes d’un génocide et de deux guerres mondiales, est inferieur à 1%.

D’après M. Pinker, les humains vivent actuellement dans une ère pacifique sans précédent. Les taux de criminalité à travers la majeure partie du monde n’ont jamais été aussi bas. Moins de personnes meurent dans des guerres. Notre attitude vis-à-vis de la violence a totalement changé.

Il souligne qu’au Moyen-âge, la torture et la mutilation étaient des formes de punitions courantes pour les criminels. En France, pendant la Renaissance, brûler

des chats vivants était une manière populaire de divertir les gens. Les textes Anciens sont en attendant remplis d’histoires de massacres, du sac de Troie au massacre des Midianites dans la Bible. Au 15ème siècle, le général Mongol Tamerlan était connu pour construire de grandes pyramides avec les crânes de ses ennemis tués.

A présent, même si cela n’en a pas l’air, tant de cruauté et de bains de sang appartiennent largement au passé. Pourquoi ? M. Pinker cite quelques raisons possibles. La plus importante est peut-être l’émergence politique d’états forts et centralisés. Les êtres humains qui vivent dans une société anarchiste sont sujets à la violence et à la peur ; alors que ceux vivants dans un pays avec un gouvernement fort savent que les agressions et les meurtres seront punis. Cela réduit la peur et d’une certaine manière nous encourage à être pacifique et gentil.

La nature humaine

Le livre de M. Pinker apporte une nouvelle perspective à une vieille controverse. D’une part, c’est l’image que la moralité est quelque chose de naturel chez les êtres humains, qu’en vivant en harmonie avec la nature, nous atteindrons un stade de paix et de vertu sociale.

D’autre part, nous avons la vision la plus célèbre de Thomas Hobbes, philosophe du 17ème siècle, qui a décrit une image sombre de la condition naturelle de l’humanité. Il a écrit : « la vie de l’homme à « l’état de nature » est solitaire, misérable, difficile, sauvage et brève. »

A Vous de Décider

  1. Q : A quel point la thèse de M. Pinker est controversée?
  2. R : Elle peut en effet provoquer une querelle. L’idée la plus dangereuse est qu’il y a quelque chose de particulièrement précieux à la « civilisation. » Il peut être accusé de privilégier les idées occidentales de progrès aux autres normes culturelles.
  3. Q : C’est également très bizarre de dire que le 20ème siècle n’était pas violent!
  4. R : Le 20ème siècle a été le théâtre de meurtres à grande échelle. Des millions de personnes ont été cruellement tuées. Mais, en même temps, la population mondiale était en croissance rapide. Cela signifie qu’un plus petit pourcentage de personnes était sujet à une fin violente par rapport à avant.
  5. Q : Mais le nombre total de meurtres et la violence étaient en augmentation?
  6. R : En effet. Le nombre absolu d’actes de violence augmentait mais la proportion des personnes à subir la violence diminuait. Savoir quel nombre est le plus important est un sujet discutable.

Certains Disent

« La cruauté est toujours contre-nature. »

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